Paris vote ses subventions aux crèches confessionnelles, grogne à gauche

PARIS, 14 décembre 2011 (AFP) - Comme chaque année à l'occasion du vote du budget, le Conseil de Paris a voté mercredi ses subventions aux crèches confessionnelles, d'un montant total dépassant deux millions d'euros, des élus de gauche dénonçant avec force un financement à l'encontre de la laïcité.
"Il n'est pas acceptable que la ville de Paris méprise ainsi la loi de 1905 et accorde, ni plus ni moins, 2,3 millions d'euros à des structures confessionnelles", qui sont pour la très grande majorité des crèches d'obédience juive ou gérées par des associations loubavitch (orthodoxes), a déploré mercredi lors du vote Danielle Simonnet, élue du PG, dont le groupe a voté contre.
Christophe Najdovski, adjoint Europe Ecologie-Les Verts chargé de la petite enfance avait déjà expliqué l'an dernier que ces subventions étaient un "héritage d'avant 2001" (année de l'élection de Bertrand Delanoë): "Ce sont des associations loi 1901 subventionnées par la ville depuis une vingtaine d'années".
Pour l'élue PG, "il est essentiel que l'argent public soit consacré aux équipements publics".
Le groupe EELV et les élus du PRG ont voté contre ou se sont abstenus selon les cas, en fonction des progrès apportés dans ces structures.
Le président des élus EELV parisiens, Sylvain Garel, a regretté que "le caractère communautaire et religieux de l'accueil persiste dans certaines de ces crèches". Il a proposé que le maire de Paris confie à un "observatoire de la laïcité" le soin d'"évaluer le respect de neutralité dans le fonctionnement des crèches associatives".
"Nous avons pu noter depuis trois ans quelques évolutions favorables qui nous ont incité à nuancer nos propos" a ajouté M. Garel.
Un autre élu, Gilles Alayrac (PRG) a précisé que les élus PRG avaient "voté contre les structures qui ne respectent pas les nouvelles prescriptions de la ville" sur le devoir de neutralité notamment.
"On ne s'oppose pas au financement s'il respecte la laïcité, l'absence de signes religieux visibles et l'ouverture à tous les enfants", a précisé M. Alayrac.
Christophe Najdovski a fait valoir mercredi qu'"en 2009 la ville a revu ses conventions de partenariat avec les associations en insistant sur la notion de laïcité et sur un accueil ouvert à toute famille parisienne" et qu'après "vérification", certaines associations on eu "une diminution de la subvention et même une suppression lorsque la gestion et l'accueil dans la crèche ont semblé trop éloignés" du partenariat avec la ville.

Thématique:

Catégorie:

Share this